Syndicat des
enseignantes et enseignants
du Cégep de Rimouski
Centrale des syndicats du QuébecFérération des enseignates et enseignats de CEGEP

Déodat de Dolomieu et Alessandro Volta pour célébrer la Journée internationale de la Francophonie

Francesco Barletta, enseignant de physique au CMÉC

« Nous marchons avec sécurité sur les débris, peut être de dix anciens mondes, & nous frémissons, lorsque la nature change quelques choses a ses effets journaliers. »

– Déodat de Dolomieu

« Cet appareil, semblable dans le fond, comme je ferai voir, et même tel que je viens de le construire, pour la forme à l’organe électrique naturel de la torpille, de l’anguille tremblante, &c. bien plus qu’à la bouteille de Leyde, et aux autres batteries électriques connues, je voudrois l’appeler Organe électrique artificiel. »

– Alessandro Volta

À l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie, célébrée mondialement le 20 mars de chaque année, il me semble opportun de souligner la chance que j’ai de lire et de comprendre, dans une langue maternelle qui n’est pas la mienne, deux grands écrits scientifiques, de mon choix, rédigés en français : le Mémoire sur les tremblements de terre de la Calabre pendant l’année 1783 du géologue français Déodat de Dolomieu (1750-1801) et On the Electricity excited by the mere Contact of conducting Substances of different kinds1 d’Alessandro Volta (1745-1827). Ce mémoire écrit en français par le savant italien, mais avec un titre en anglais, a été publié dans la revue britannique The Philosophical Transactions of the Royal Society of London en 1800. 

Publiés à peu près pendant la même période historique, le premier document décrit les dramatiques conséquences associées au violent tremblement de terre qui a frappé le sud de l’Italie en 1783, tandis que le deuxième nous fait connaître dans les détails l’invention révolutionnaire de la pile électrique2.

Or, les enseignantes et les enseignants de sciences devraient être toujours conscients de la contribution inestimable des sources en langue française aux avancements des sciences. Ce sujet est très souvent négligé dans le contexte de l’enseignement supérieur au Québec. Finalement, pour ceux et celles qui désirent réfléchir à propos des impacts pour les générations futures d’une science en français, je suggère la lecture d’un article de François-Olivier Dorais, professeur adjoint d’histoire à l’Université du Québec à Chicoutimi, dont le titre est « Nécessités et moyens d’une science en français »3.  

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Notes

  1. Dans son article, Volta appelle organe électrique artificiel ou appareil à colonne ce que nous appelons couramment aujourd’hui une pile électrique.
  2. François-Olivier Dorais, « Nécessités et moyens d’une science en français », Acfas Magazine, 17 octobre 2019, https://www.acfas.ca/publications/magazine/2019/10/necessites-moyens-science-francais#footnote6_4u1znd0 (Page consultée le 17 février 2021).