Syndicat des
enseignantes et enseignants
du Cégep de Rimouski
Centrale des syndicats du QuébecFérération des enseignates et enseignats de CEGEP

Mes deux cennes sur le stationnement

Hugo Boulanger, responsable de l’application de la convention collective 1

Vous avez été nombreuses et nombreux à intervenir (subtilement) à ce propos lors de l’assemblée générale virtuelle du 28 août dernier. Avec raison. Il est frustrant de constater que certains membres du personnel ont payé le plein prix pour une vignette de stationnement qui n’a servi à rien à compter de la mi-mars 2020. Mais avez-vous réellement payé pour rien? Je vous propose d’aborder le sujet. Voici donc mes deux cennes1.

Pourquoi ne pas nous avoir remboursés l’hiver dernier?

Lorsque l’on pose cette question à la Direction, on nous répond que le stationnement est en réalité un service. Service qui demeurait offert pendant la suspension des cours. Or, vous auriez pu profiter de l’accalmie du printemps dernier pour venir écouler vos journées de confinement à bord de votre véhicule (ce n’était pas recommandé en passant). Une activité contemplative vraiment enlevante surtout lorsque l’on demeure à 10 km du Collège… Une logique implacable, quoi. Nous avons tout de même proposé le remboursement au prorata en guise de compromis. Offre refusée. 

Pourquoi ne pas avoir négocié une entente?

Nous avons proposé de diminuer le prix de la vignette de l’année 2020-2021 afin de dédommager en partie les détentrices et les détenteurs de vignettes 2019-2020 sans que le collège ait à émettre de chèques. Fin de non-recevoir. T’avais juste à profiter de ton service de stationnement pendant la pandémie. Te stationner à la chaleur sous le soleil d’été pour saluer les membres des autres corps de métier aller à leur bureau (alors que toi, tu n’avais pas l’doua), ça te tentait pas? Mais bon, gardons en tête que cette solution aurait aussi été injuste envers les élèves ayant complété leur cursus et le personnel retraité du printemps dernier de toute façon.

Pis cet automne?

Dans un courriel envoyé le 18 septembre, le directeur général nous annonçait que les frais liés à l’achat de la vignette de stationnement pourront être remboursés pour la session d’automne. C’est toujours ben ça. 

Mais pourquoi doit-on payer pour se stationner quand on travaille au Cégep?

Question centrale selon moi. Le Collège dispose pourtant de sommes spécialement dédiées à l’entretien des terrains et des bâtiments… Le déneigement et la réfection de nos belles surfaces asphaltées doivent coûter significativement plus cher que ce nous recevons, je présume. Ah oui, faut aussi payer pour le salaire de l’agent qui s’assure que les automobilistes ont acquitté leurs droits de stationnement. Genre de cercle vicieux. C’est quand même ironique de payer pour travailler. Surtout pour le gouvernement. Je paie des taxes et des impôts qui financent en partie mon salaire. Je retourne ensuite une petite portion de mon salaire au Collège afin d’avoir la chance de payer pour y œuvrer. Plusieurs d’entre vous diront qu’il est toujours possible d’utiliser des alternatives au transport automobile. En fait, c’est souvent possible… surtout si l’on habite dans le secteur du centre-ville ou si l’on travaille avec un horaire régulier. Certes, il reste le transport actif, mais en l’absence d’aires d’entreposage (réellement) sécurisées pour les vélos, c’est moins invitant. 

Harmonisation?

Quand on s’attarde au prix de la fameuse vignette, on se rend compte qu’il a sensiblement augmenté au fil des années. Pourquoi? Pour s’harmoniser avec l’UQAR qui charge plus cher à son personnel et à ses usagers. Ah ben… C’est l’UQAR qui fixe le prix du marché à c’t’heure. Tant qu’à ça, on aurait peut-être dû s’harmoniser avec l’hôpital d’Amqui à la place. Le stationnement est gratuit pour tout le monde là-bas… Genre de mentalité à la Hydro-Québec. Pourquoi serions-nous les seuls idiots à payer moins cher que les autres?

Des places pour tout le monde?

Non. Y en a pas assez pour tout le monde. Plusieurs cases sont louées au CISSS. Pour payer plus d’agents pour pogner plus de monde, j’imagine… Sans parler de la présence quasi permanente de remorques d’entreposage et des zones condamnées pour les travaux de rénovation. On vous a offert une réduction de tarif pour cette diminution de service? Na-on.

Un stationnement réservé pour le personnel?

En admettant qu’il soit incontournable de payer pour se stationner, pourquoi ne pas réserver des zones exclusives au personnel? J’aime beaucoup mes élèves, mais l’idée de garer ma rutilante Caravan (moteur turbocompressé, volant gainé de cuir, 0-100 km : un m’ment d’nné) à côté d’une apprentie conductrice ou d'un apprenti conducteur de 19 ans conduisant une Corolla 1998 cabossée me rend souvent nerveux. Sans parler des nombreux délits de fuite pouvant y être observés, considérant les éclats de plastiques qui jonchent parfois certains secteurs. Visiblement, certaines personnes utilisent davantage leur sens de l’ouïe pour mener les opérations de stationnement.

Bref, nous pouvons espérer que le Collège fera éventuellement une mise à niveau de ses installations pour favoriser les alternatives au transport automobile. Un enclos à vélos ou un garage sécurisé ferait l’affaire. L’offre de vignettes à prix réduit pour les personnes s’adonnant au co-voiturage pourrait aussi être considérée. Sans parler de l’élargissement de l’offre de service du transport en commun pour les zones périphériques qui, on l’espère, sera déployé par notre municipalité.

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Note

  1. Traduction libre de « my two cents ». Ça veut dire : mon opinion [sur le sujet]. Je sais que vous le saviez, mais Catherine ne le savait pas, donc elle m’a obligé à écrire cette note-là. En tout cas.