Syndicat des
enseignantes et enseignants
du Cégep de Rimouski
Centrale des syndicats du QuébecFérération des enseignates et enseignats de CEGEP

Tribune libre - G-Suite, la suite

Étienne Lemieux, prof de philosophie à l'IMQ, secrétaire du SPPEMQ

Si je me fie aux témoignages de plusieurs collègues du cégep, une complexification considérable de leur travail est directement liée à la multiplication des outils informatiques mis à leur disposition afin de soi-disant leur simplifier la vie.  Suite Google, Moodle, Microsoft Office, Libre Office, Omnivox, Léa, etc.  Au cégep, on nage plusieurs styles en même temps.

En vous remémorant tous ces magnifiques outils informatiques mis à votre disposition ces dernières années au cégep, afin d’en évaluer les avantages pour votre pratique professionnelle, que conclure? Votre vie professionnelle est-elle plus simple? Votre tâche s’allège-t-elle? Ou bien est-elle plus compliquée, du fait de la multiplication des plateformes informatiques? Vous arrive-t-il même de souffrir d’une relative fatigue psychologique liée à cet éparpillement?

Pendant la même période, à l’IMQ, nous avons eu le bonheur de travailler dans un environnement Microsoft stable, fiable, accessible et performant qui a pleinement satisfait nos besoins.

 

La Suite Google : un mauvais choix

D’emblée, j’admets sans difficulté que la technologie des plateformes collaboratives infonuagiques est incontournable. S’en dessine dans l’avenir une utilisation grandissante. À ce titre, la Suite Google ne constitue pour le collège que l’un des possibles outils collaboratifs en ligne.

Dans La Riposte du 26 janvier, je dressais la liste de l’écrasante majorité des autres institutions qui ont plutôt opté pour la Suite Office 365. Cette dernière est le prolongement infonuagique des outils Microsoft Office. Donc, son utilisation n’engendre pas de problèmes de compatibilité. Cela explique pourquoi toutes les commissions scolaires du Québec, les grandes universités, l’écrasante majorité des cégeps, le ministère de l’Éducation l’ont choisie. Toutes ces institutions évoluent ou vont le faire dans un environnement infonuagique incompatible avec la plateforme infonuagique actuelle du Cégep de Rimouski. Et pour l’IMQ, si la Suite Google y est implantée, s’ajoutent à l’énumération ci-haut toutes les grandes compagnies maritimes, la plupart de ses partenaires industriels, les autres écoles maritimes canadiennes ainsi que Transport Canada.

Si vous voulez en obtenir la preuve, au-delà de mon blabla, faites une recherche «Google» et allez voir les portails Internet des institutions dont je vous ai fait la liste sommaire. Vous n’avez qu’à pitonner le nom de l’institution en y associant «Office 365». Vous verrez que pratiquement partout, on utilise la Suite Office 365 de Microsoft qui n’est pas compatible avec la Suite Google du Cégep de Rimouski.

Vous vous demandez peut-être encore où je veux en venir? En clair, vos étudiantes et étudiants arrivant du secondaire, d’autres cégeps ou d’universités proviendront d’environnements infonuagiques incompatibles avec celui du Cégep de Rimouski. Par la suite, à la fin de leur parcours scolaire collégial rimouskois, ils se retrouveront dans un environnement infonuagique incompatible avec celui du Cégep de Rimouski. Cela est aussi valable pour les élèves de l’IMQ, dès qu’on y aura implanté la Suite Google. Et pour les projets entre institutions, pratiquement tout le monde au Québec et au Canada, sauf bien sûr le Cégep de Rimouski, collaborera par le biais de la Suite Office 365. En d’autres mots, des visionnaires du Cégep de Rimouski semblent croire que le monde qui les environne va se plier à leurs désirs. Pour l’instant, du moins, ce n’est pas le cas.

Peut-être devrions-nous questionner les gens qui ont fait ce choix de plateforme, car en fin de compte, la communauté collégiale rimouskoise tout entière se retrouvera isolée, faisant les frais d’inévitables problèmes informatiques de compatibilité.

 

Derniers développements du dossier G-Suite à l’IMQ

Dans La Riposte du 26 janvier dernier, je vous entretenais aussi de l’éventuelle implantation de la Suite Google à l’IMQ. Quatre jours plus tard, les profs de l’IMQ ont eu une assemblée générale. Le résultat en fut une résolution acheminée à notre Direction pour manifester notre désaccord avec tout projet d’implantation à l’IMQ de la Suite Google. Les critiques syndicales exprimées sont que nous sommes pleinement satisfaits de nos outils actuels, que devoir se familiariser avec un nouvel environnement complique inutilement notre travail tout en ajoutant une énième plateforme informatique alors qu’il y en a déjà beaucoup. Des considérations pédagogiques pour l’essentiel. Voir pièce jointe.

Notre direction locale a réagi en nous envoyant un communiqué le 6 février. Le seul argument qu’on y trouve est la « nécessité d’utiliser un seul et unique outil de communication pour toutes les composantes du collège (messagerie et agenda électronique). «Heureusement, nous n’étions pas soumis à cette «nécessité» à l’époque où le cégep utilisait Libre Office. Quoi qu’il en soit, qui dit Google Drive pour tous dit aussi Suite Google installée à l’IMQ.

Se voulant rassurant, notre comité de direction local a précisé que nous conserverions nos outils Microsoft au quotidien et que personne ne serait obligé d’utiliser la Suite Google, mais qu’elle serait à disposition pour des personnes ou des services de l’IMQ qui souhaitent l’utiliser. Tout cela a été présenté dès le départ comme le moyen de régler les problèmes de communication de l’IMQ dans le collège (on parle des 4 membres de notre comité de direction local ainsi que du maigre personnel de notre formation continue IMQ qui a été intégrée à celle du cégep). 

En résumé, nous ne sommes pas consultés.  On se fait «implanter». En guise de consultation, on nous invite à tester un agenda et un service de messagerie «plus collaboratifs». Bien que nous présentions des arguments critiques sérieux à propos du choix de la Suite Google, nous nous faisons reprocher notre résistance au changement sans jamais pouvoir discuter le bien-fondé de ce changement. Voilà la belle culture organisationnelle qui a cours de plus en plus à l’IMQ (… ainsi qu’au collège?) sur fond de sophismes grossiers.