Syndicat des
enseignantes et enseignants
du Cégep de Rimouski
Centrale des syndicats du QuébecFérération des enseignates et enseignats de CEGEP

Bourse Germaine-Santerre : trois étudiantes récompensées pour leurs efforts

Myriam Litalien Bradley, membre du Comité organisateur du 8 mars et de la bourse Germaine-Santerre

Chaque année, grâce à la contribution généreuse des membres du personnel du Cégep de Rimouski, de l’IMQ et du CMÉC, le Comité organisateur de la bourse Germaine-Santerre offre une bourse de 300 $ à des étudiantes afin de souligner leurs efforts dans la poursuite de leurs études, et ce, malgré des conditions parfois défavorables.

Cette année, le comité a reçu six candidatures provenant du Cégep et de l’IMQ. Votre générosité a permis de remettre trois bourses! Ainsi aujourd’hui, le 8 mars, lors du diner soulignant la Journée internationale des femmes, Élisabeth Blais, étudiante en Techniques de génie mécanique de marine, Isabelle Paré, étudiante en Techniques d’éducation spécialisée et Sylvianne Roussel, étudiante en Techniques de travail social, recevront chacune un montant de 300 $. Rappelons que le choix des récipiendaires s’est fait selon des critères de sélection très précis et à partir de deux textes qu’elles avaient à rédiger : l’un les présentant et l’autre traitant d’un thème imposé. Les trois étudiantes se sont notamment démarquées des autres candidates par l’originalité et la qualité de leurs textes. Nous vous invitons à lire leur réflexion. 

 

«Féministes tant qu’il le faudra!» par Sylvianne Roussel

Hier, je suis allée au théâtre avec mes enfants. L’histoire se déroulait à l’ère industrielle. L’homme de la maison s’est adressé à sa femme en lui soulignant qu’elle ne faisait pas  «grand-chose» puisqu’elle était à la maison. Le public n’a pu se retenir d’émettre une réaction. Cette relation de couple n’était clairement pas égalitaire, mais elle représentait aussi une autre époque. Le mari avait une position largement supérieure à sa femme. Lorsque ses répliques étaient flagrantes, le public riait. La femme, dans son rôle de soumise et d’opprimée, tentait tant bien que mal de faire entendre raison à son mari, en vain. À la fin, un court monologue concluait la pièce en adulant le mari qui, malgré ses fautes, avait fait preuve d’authenticité en tenant à ses convictions.

Une ovation et de longs applaudissements ont pris place. Perplexe, j’ai fait de même, en regardant autour de moi. J’étais animée par un vif questionnement : applaudissaient-ils la prestation générale comme moi? J’espère. Ou applaudissaient-ils la dernière scène idolâtrant le mari et seulement lui? Je n’en sais rien, mais je crains. Il suffit tellement de peu pour mettre une opinion toute construite dans la tête de quelqu’un. Quelques ingrédients bien placés suffisent. Il ne suffit que de faire défiler le fil de nos réseaux sociaux, d’écouter des conversations, de s’écouter… Prenons le temps de réfléchir, d’analyser ce qu’on véhicule, nos paroles, nos actes, nos agissements, tout ce qu’on transmet. Nos décisions seraient parfois, voire souvent, différentes. Soyons soucieux et soucieuses de transmettre l’égalité.

Aujourd’hui, on est loin du mouvement des suffragettes. On en a fait du chemin, mais le chemin ne s’arrête pas là. S’arrêter, ce serait reculer! Alors, soyons «féministes tant qu’il le faudra!»

  

Féministe tant qu’il le faudra! par Isabelle Paré

Tant qu’il le faudra, soyons fortes devant l’adversité! Tant qu’il le faudra, soyons dignes et tenons-nous debout! Toutes ces femmes qui ont tracé le chemin pour nous, faisons-leur honneur en nous tenant debout! Dénonçons les injustices, tenons-nous la main! Tant qu’il le faudra! Tant que cela sera nécessaire. Parfois, il doit y avoir un certain excès avant de trouver l’équilibre. Toutes ces dénonciations ne sont pas des excès, mais un signal d’alarme! Un trop-plein, la coupe déborde, la vapeur doit s’échapper de quelque part afin d’éviter l’explosion. Ensuite reviendra le calme comme après toute tempête, mais osons croire que ce mouvement, cette vague remodèle le paysage à jamais. Osons croire que la femme se tient debout et ne courbe plus l’échine. Tant qu’il y aura des femmes qui se déprécieront, qui se sentiront moins que rien, qui n’auront pas confiance en elles, battons-nous pour elles! Pour l’honneur des femmes et devant leur résilience sans mesure! Rendons-leur leur fierté! Pour celles qui ont la force, faisons-le pour celles qui ne le peuvent! Soyons féministes tant qu’il le faudra! Sur ce chemin tracé, il y a encore du défrichage à faire, à suer, à tailler, à remodeler. Ne nous laissons pas abattre devant l’ampleur de la tâche, mais joignons nos forces afin de puiser en chacune de nous et d’enfin replanter ce que l’on veut, où l’on veut afin de faire de ce chemin un vrai paradis! Il faut rêver grand, faire naître le feu en nous, se soutenir l’une et l’autre afin d’alimenter le brasier. Nous renaitrons de nos cendres et nous serons plus fortes encore avec ce bagage qui est en nous et cette expérience qui est gravée dans nos os!

  

Féministe tant qu’il le faudra! Vivre et laisser vivre : tant qu’on se jugera, j’aurai besoin du féminisme par Élisabeth Blais

Je pense qu’on se mêle trop de la vie des femmes, qu’on accorde trop d’importance à ce qu’elles doivent faire comparativement à ce dont elles sont capables, qu’on leur impose un rôle qui leur sied mal par sa passivité. Je pense que la charge émotive des femmes est trop forte, qu’on accorde trop d’importance au rôle de la femme dans la famille comparativement à ce qu’elles peuvent accomplir pour la société, qu’on leur impose un rôle qui leur sied mal, car on les considère inférieures. Je pense qu’on accorde trop d’importance à la beauté des femmes comparativement à leurs capacités, comparativement aux messages qu’elles ont à passer et comparativement à ce qu’elles sont. Nietzche a écrit qu’une femme se devait de porter une jolie robe noire et d’observer le silence en société. J’aimerais dire à la jeune moi qu’encore aujourd’hui, c’est une des choses les plus stupides qu’on ait pu lire. J’aimerais aussi lui dire d’être bruyante jusqu’à en être brillante, de toujours faire à sa tête peu importe l’opinion des autres. Parce que ce qui tue la femme, c’est l’opinion des autres : trop grosse, trop bruyante, trop laide, mal habillée, trop prude, trop pute, trop maquillée, pas assez, trop masculine, trop athlétique, trop émotive, trop froide, trop fêtarde, intello, nunuche… qu’on se foute la paix, à soi comme aux autres ! Qu’on souligne les forces des femmes, leur intelligence, leurs prouesses athlétiques, leurs blagues, leur humanité. Parce que tant qu’on pourra remettre ma place dans la société en doute, j’aurai besoin du féminisme.